Après avoir pleuré du sang sur le mode ascension 20 et la diabolique RNG du premier opus, voilà que j’apprends la sortie de l’accès anticipé de Slay the Spire 2 ? VOUS VOULEZ LA MORT DE MA VIE SOCIALE C’EST ÇA ? Eh bah vous l’aurez !

Avec un lancement en trombe en early acces le 5 mars 2026 qui est allé jusqu’à faire planter la fonction achat de Steam au « modeste » prix de 22.99 euros (encore 290 000 joueurs actifs en ce moment, ce qui est énorme pour de l’indépendant), on peut dire que Slay the Spire 2 était attendu au tournant. Frôlant de nombreuses notes parfaites et avec un succès critique dithyrambique, le premier opus commençait à se faire cloner un peu partout. Certains jeux comme Monster Train, Inscryption, Menace from the deep ou encore Hellcard ont su s’imposer comme de bons, voire très bons concurrents et nous étions en droit de nous demander si la formule de STS pouvait encore être améliorée.

Pour les quelques joueurs qui dorment au fond d’une tour géante, je me permets de résumer rapidement ce qu’est Slay the Spire. STS est un rogue like / constructeur de deck où vous incarnez un héros parmi cinq, cherchant à vaincre les trois étages d’une grande tour (la spire) endormie depuis 1000 ans. Vous commencez toujours avec le même deck de départ et allez, au fur et à mesure de votre ascension, obtenir de nouvelles cartes, des reliques et autres avantages qui vous permettront rapidement de devenir plus fort. STS est typiquement le genre de jeu très simple à prendre en main mais qui va vous retenir pendant des heures.

Dans STS 2, le système de jeu est resté le même, cartes / potions / points d’actions / reliques et au tour par tour. L’adrénaline du jeu réside dans ces instants où la synergie de vos cartes fonctionne parfaitement, rendant tous les combats successifs plus grisants jusqu’au climax où vous massacrerez (ou pas) le boss final. Si vous souhaitez plus d’infos sur les mécaniques classiques du jeu, je vous invite à consulter le test de Slay the Spire.

Cinq personnages pour plus de plaisir

A l’heure où j’écris ces lignes, cinq héros se partagent le plaisir de gravir la tour. Nous retrouvons la trinité « Soldat de Fer », » La Silencieuse » et « Le Défectueux » du premier opus (au revoir la gardienne, tu ne me manqueras pas) mais aussi deux petits nouveaux : « Le Régent » et « La Tisse Mort ». Nous n’allons pas trop nous attarder sur les mécaniques des anciens personnages, qui restent fondamentalement les mêmes (un Barbare, une lanceuse de couteaux et un robot qui attaque tout le temps) et prendrons le temps de décortiquer ce que STS 2 apporte de nouveau.

Pour ses deux nouveaux personnages, Slay the Spire 2 amène de nouvelles mécaniques de gameplay qui vont faire tourner les méninges des joueurs spécialisés en theory crafting.

Le Régent est un genre d’Abraracourcix posé sur son trône, porté par des petits sbires et dont le gameplay repose sur une mécanique de forge et d’un deuxième système de points d’action. Les cartes actions « forgé » vont améliorer les dégâts d’une carte Lame Souveraine d’un coût de 2 PA (points d’action) qui vous permettra d’infliger de gros dégâts sur un ennemi à la fois.

Le deuxième système de PA du régent fonctionne en parallèle du premier et peut être utilisé pour envoyer de puissantes attaques ou améliorations, pas évident à prendre en main, il demande une bonne gestion de nos points mais une fois maîtrisé, c’est dévastateur. Paradoxalement, je préfère m’amuser en jouant le Régent autour de la Lame souveraine (zaime bien les grosses épées) mais cela reste bien moins puissant que si notre deck gravite autour du second système de PA. Avec les bonnes combinaisons de cartes, vous pouvez massacrer les ennemis juste en faisant monter le nombre de points d’actions, rendant le deck quasi automatique.

La Tisse Mort est un peu plus subtile et a laissé tomber sa main (littéralement) pour en faire un sbire allié à part entière que l’on peut améliorer au fil des affrontements. Son deck tourne autour d’un système de dégâts corrélé aux point de vie de notre Main-Sbire (Titos) et d’un système de pioche, qui comme pour le Régent, peut devenir vite automatique.

A ce jour, l’équilibrage est plutôt bien dosé entre les cinq personnages, j’ai personnellement une préférence pour la Tisse-Mort et la Silencieuse qui ont de grandes facilitées à produire des decks automatiques (désolé Soldat de Fer, je t’ai trop joué) mais au cours de mes runs en ascension 2 avec chaque personnage, je n’ai pas ressenti une plus grande difficulté avec un personnage plutôt qu’un autre.

Ces cinq personnages semblent tous avoir une histoire liée à la tour (amnésie, perte d’un être cher, vengeance) et le lore du jeu s’en trouve développé. Si l’ajout est pour le moment mineur, chaque confrontation avec l’architecte (boss final) laisse la porte ouverte à comprendre les motivations de nos protagonistes.

Quel plaisir de retrouver ce jeu quand même

Quelles nouveautés dans Slay the Spire 2 ?

Outre les deux nouveaux personnages, le studio Megacrit a :

  • Peaufiné les animations et sa direction artistique générale pour rendre le jeu plus agréable.
  • Ajouté de TRÈS nombreuses nouvelles cartes et reliques au point qu’en 25 heures de jeu, je ne suis pas sûr d’en avoir vu la moitié.
  • Amélioré son Compendium vous donnant des objectifs à remplir pour débloquer cartes et reliques (+ des images dessinées par des enfants de 4 ans)
  • Modifié l’intégralité des ennemis / élites / Boss (avec quelques ré-usages) et des zones par Actes.

Notons tout de même que l’ajout d’objectifs via le Compendium apporte réellement à l’expérience, nous pouvions faire la quasi totalité du premier jeu avec un seul personnage sans se soucier des autres au-delà de la 1ère run. Cette fois-ci ces petits objectifs tels que « vainquez X élites avec tel personnage » forcent un peu la main pour découvrir le lore de l’ensemble des protagonistes. Certains joueurs aimeront, d’autres se sentiront trop forcés.

D’une manière générale, j’admets être un peu déçu côté direction artistique et bande-son pour le moment, ces deux points n’étaient pas le point fort du premier jeu et j’aurais aimé un plus gros travail dessus pour que le jeu passe de très bon à inoubliable.

Malgré ces améliorations plus qu’agréables, il faut admettre que lorsqu’on y joue en solo, on se sent plus proche d’un Slay the Spire version 1.5 que d’un 2 car ces changements ne transforment pas fondamentalement l’expérience.

Alors, pour nous prendre à revers, Megacrit a joué sa carte majeure dès l’arrivée de cet Early Acces : l’ajout d’un mode COOP.

Coop ? Vous avez dit Coopération ?!

C’est LA grosse nouveauté de Slay the Spire 2, un mode coopératif entre amis (pas de lobby public pour le moment) et jusqu’à 4 joueurs pour pouvoir tabasser de la tour dans la souffrance et la bonne humeur. L’aventure se déroule quasi exactement de la même manière et les joueurs jouent simultanément leurs cartes pour plus de fluidité. Les ennemis ont en revanche plus de points de vie (X2 si vous êtes 2) et leurs attaques touchent tous vos personnages.

L’ajout d’un mode coopératif est un défi de taille pour une expérience comme Slay the Spire, le premier jeu était reconnu pour un équilibrage impeccable qui rendait chaque personnage intéressant à jouer et les possibilités de deck « viables » nombreuses.

Or, en ajoutant un système de coopération, on multiplie considérablement les combinaisons qui rendront le jeu plus facile à 4 (pour le coup, difficile à 2) mais on prend également le risque de retirer la frustration liée à cette même difficulté. Ce qui peut entraîner un désintérêt pour la victoire et donc une perte de la rétention des joueurs sur ce genre d’expérience.

Autre problématique, j’ai noté que le système de cartes qui infligent des dégâts en fonction de votre pioche est ultra performant dans ce jeu, au point que l’on peut presque éliminer des boss en peu de tours tant les decks roulent seuls. Mais en mode coop, avoir un deck qui roule tout seul demande d’effectuer des tours assez longs, et si les deux joueurs ne sont pas sur la même longueur d’onde, l’un va regarder l’autre jouer pendant toute la run, allongement considérablement le temps de jeu.

Je n’ai personnellement pas d’inquiétude car MegaCrit a su démontrer sa grande force dans l’équilibrage de son dernier jeu et j’espère sincèrement que le mode Coopératif trouvera preneur, et à en juger par les nombreuses vidéos, on dirait bien que le pari est réussi.

Structurellement, le jeu reste identique à son prédécesseur

Slay the Spire 2 Early Acces, pour quels joueurs ?

Slay the Spire 2 est encore en phase d’early acces depuis le 5 mars 2026. Bien que le contenu soit colossal pour une sortie anticipée (à l’instar d’Hadès 2 récemment), nous avons pour le moment l’impression de jouer au même jeu tant les écarts ne sont pas assez prononcés pour le moment. C’est pourquoi plusieurs cas de figure se présentent à vous si vous souhaitez tenter l’aventure :

Si vous êtes nouveau dans l’univers de Slay the Spire, je vous recommande de commencer par le premier jeu dont l’équilibrage est quasi parfait aujourd’hui, fréquemment proposé à un prix soldé, vous aurez de quoi faire pendant une centaine d’heures.

Si vous êtes déjà fan de cet univers, je ne peux que vous recommander de prendre cet early acces qui répond déjà aux attentes majeures des joueurs en terme de contenu et de nouvelles possibilités de combinaison, sans parler du mode coopératif.

Si en revanche vous n’avez que moyennement apprécié le premier jeu, passez votre chemin, ce n’est pas avec ce deuxième opus que la magie opérera.

Proposé à 22.99 euros, Slay the Spire 2 possède déjà un contenu considérable et a de quoi vous occuper de très nombreuses heures. Si je m’en tiens au ratio 1 euros = 1 heure de jeu, alors STS 2 est déjà rentable pour moi (sachant que je joue très vite). J’ai personnellement adoré y jouer et j’attends avec impatience les prochaines mises à jour qui je l’espère, étofferont le lore, me permettront de me confronter à l’architecte (à l’instar du cœur dans le premier jeu) et pourquoi pas ajouteront de nouvelles reliques et personnages. Vivement !

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