Développeur : Asobo Studio

Éditeur : Focus Home Interactive

Plateformes : XONE, PC, PS4

Date de sortie : 14 Mai 2019

Une crise sanitaire majeure, ça vous parle ?

Si l’on parle en Europe de crise sanitaire vous me dîtes tous : Coronavirus.
Sauf qu’ici on n’est pas en 2020 mais dans une époque que nous adorons tous, le moyen âge en pleine période de la Peste Noire. Une des plus grandes crises sanitaires vécues en Europe qui a divisé la population par deux.

C’est sur cette époque oh combien troublée que le petit studio Bordelais « Asobo studio » a décidé de faire son nouveau jeu édité par Focus Home Interactive.
Apparu pour la première fois lors de l’E3 2017, A Plague Tale Innocence vous met dans la peau des enfants de la famille De Rune. Amicia, l’ainée, se verra affronter diverses horreurs qui se produiront lors de la période la Peste noire, le jeu se déroulant dans le Royaume de France dans la fin des années 1340. Amicia sera accompagnée de Hugo, son petit frère d’à peine 5 ans et se verra contrainte de fuir sa maison après l’arrivée de l’inquisition.

Dès les premières minutes vous savez que vous allez en prendre plein les yeux


A Plague Tale Innocence est avant tout une expérience narrative, l’essentiel de l’intérêt que l’on porte au jeu provient de son scénario ainsi que de la richesse de l’écriture des différents personnages.
S’il l’on peut regretter qu’à l’exception des deux héros, l’écriture des personnages secondaire est un peu trop faible pour ne pas dire anecdotique, on observe que la relation frère-sœur est extrêmement bien retranscrite ce qui ne manquera pas de rappeler Brothers : a Tale of Two Sons.
Amicia et Hugo sont attachants, on a peur pour eux, peur pour la fragilité de leur relation et l’on se surprend à être heureux lorsqu’ils se sortent de situation à priori inextricables.

Je n’entrerai pas plus dans le détail du scénario car celui-ci constitue la clé de voûte de ce jeu, il me semblerait donc dommage que vous ne découvriez pas tout par vous-même. Sachez simplement que si nous entrons dans un monde gouverné par l’épidémie, vous découvrirez bien vite les horreurs que celui-ci renferme mais surtout vous rencontrerez l’élément qui a fait la renommée de ce jeu : les rats.

Nicholas, bras droit de l’inquisition avec des petits airs de Darth Revan.

On va lancer des pierres

Attaquons nous sans plus attendre au Gameplay, celui-ci est relativement simple : vous êtes équipés d’une fronde qui constituera votre seule arme face aux ennemis, cette fronde pourra recevoir des améliorations que l’on craft avec les différents matériaux trouvables dans le jeu. Vous pouvez également passer les gardes en les distrayants via divers éléments placés dans le décor, en somme vous n’êtes pas toujours obligés de vous battre et c’est à vous qu’il appartiendra de décider si Amicia est une tueuse ou une personne préférant l’infiltration, bien que cela n’ait aucun impact sur le déroulement de l’aventure.

Des établis sont de temps à autre à disposition pour vous permettre d’améliorer votre fronde.


Il est important de signaler que votre personnage ne dispose pas de points de vie et que si un ennemi vous attrape ou attrape l’un de vos camarades, c’est la mort assurée. Il vous faudra donc la plupart du temps ruser afin de progresser dans l’aventure. Lors de certains passages de l’histoire, différents compagnons vous aideront à progresser dans l’aventure d’une manière plus discrète ou plus directe.
Vous disposez également de différents « type de pierre » qui s’ajouteront à votre arsenal au fil de l’histoire, ces pierres vous permettront de résoudre les énigmes ou d’éliminer plus efficacement certains types d’ennemis.
Vous aurez le choix de charger votre coup pour en accroître la précision mais cela sera plus bruyant.


Le jeu se compose dans un rythme simple de passages contemplatifs où vous suivrez certains personnages vous laissant pleinement le temps d’admirer le travail sur la partie artistique du titre, puis vous enchaînerez entre des phases de combat/infiltration et des phases de résolution d’énigmes. Si celles-ci ne sont pas bien compliquées, deux petits bémols sont à noter.


Dans l’extrait ci-dessus, on observe que lorsque je demande à Hugo d’effectuer une tâche, celui-ci va refuser sous prétexte que la torche n’est pas encore allumée, mais lorsque je l’allume il accepte.
Si d’un point de vue logique sa réaction paraît normale, il est parfois frustrant de voir que le jeu n’obéira qu’à sa propre logique et vous devrez résoudre l’énigme dans l’ordre dans laquelle elle a été pensée.
J’aurai aimé avoir le choix de dire à Hugo d’y aller et au moment où il passe le tunnel, j’allume la torche ce qui renforcerait la complicité et la relation de confiance entre les deux personnages. Bien sûr ce bémol reste du chipotage et ne nuira pas à votre expérience de jeu.

Le deuxième bémol est que le jeu a tendance à prendre le joueur par la main et si vous ne trouvez pas la solution de l’énigme dans un assez court laps de temps, un personnage vous indiquera où regarder. Cette manie de prendre les joueurs pour des enfants dans les jeux avec énigmes est agaçante et ne récompense absolument pas le joueur dans sa progression.

Les rats, créatures casuelles dans le jeu vidéo, sont ici le cœur du problème.

Parlons maintenant des ennemis, vous rencontrerez au total moins d’une dizaine de types d’ennemis ce qui fait un bestiaire très peu fourni et donc assez redondant constituant pour moi un des points faible du jeu.
A noter que le jeu vous fera affronter trois boss qui ne sont pas spécialement intéressants à l’exception du dernier.
Le premier pour diverses raisons m’a rendu plutôt confus sur les possibilités offertes par notre fronde.

Les gardes de l’inquisition sont ceux qui vous poseront le plus souvent de problèmes car comme dit plus haut, s’ils vous attrapent vous êtes bons pour recharger la sauvegarde, à moins de disposer de certains items dont le coût de confection est élevé. Néanmoins ces gardes ont un défaut majeur, ils sont complètement stupides, l’intelligence artificielle de l’inquisition est une vaste blague, le pathfinding est assez raté quand il s’agit d’une course poursuite, l’extrait ci-dessous représente bien pourquoi les gardes ne sont pas un véritable danger.

Ils auraient dû me trouver

Le dernier type d’ennemi sont les rats, ils sont très bien animés et l’on ressent la horde qui est prête à vous tuer, ils s’empilent les uns sur les autres, sortent par divers trous, vous suivent partout sauf dans la lumière.
Les rats sont sensibles à la lumières et ne vous suivront pas si vous y êtes, ce sera donc à vous de trouver le plus rapidement possible des sources de lumière afin de ne pas vous faire dévorer. Ce point de gameplay fait énormément penser à Alan Wake, dont la gestion de la lumière pour survivre était un point clé de l’histoire.

L’immersion passe par le son

Passons maintenant à un autre point point fort de ce jeu. Rappelant fortement celle du jeu Vampyr composée également par Olivier Derivière, la bande son est excellente et retranscrit parfaitement les évènements que subiront nos protagonistes. En clair elle véhicule avec justesse les émotions que l’aventure nous procure.
Et justement pour véhiculer des émotions, il faut parler du doublage.
Que ce soit en Anglais ou en Français, le doublage est très bon et un beau travail a dû être effectué pour rendre ces personnages vivants. Mention spéciale au doublage de Hugo que je trouve excellent dans les deux langues.
Aussi il est amusant de noter que si vous y jouez en anglais, le jeu se passant en France, les personnages français auront un accent, et un plutôt joli pour une fois.
Les divers bruitages sont également de bonne facture, les différents bruits des rats sont à vous glacer le sang lorsqu’ils apparaissent en nombre juste à côté de vous.
Votre fronde vous donnera parfois l’impression de manier l’arme la plus puissante au monde mais cela ne constitue pas un défaut de bruitage en soit, puisque nécessaire au gameplay.

Pour un petit budget, c’est si beau


Pour ce point, il n’y a pas grand chose à dire, le jeu est sublime et a des aspects de pure contemplation.
Si quelques textures peuvent sembler légèrement en deçà, l’ensemble du jeu dispose d’une direction artistique presque irréprochable, le travail sur la photographie et la lumière constitue le cœur du travail technique du jeu.
J’inclue dans cette partie graphismes les animations des divers ennemis et particulièrement celles des rats qui donne le ton sur les capacité d’Asobo Studio à pondre de belles prouesses techniques.
Dans le travail de la lumière un léger aspect brumeux rappelant Vampyr du même éditeur apparaît de temps à autre et vient sublimer ces effets de lumière. Le monde est chaotique, les villes et villages sont au bord de la panique liée à l’épidémie, les exécutions publiques causées par la peur d’une pandémie sont nombreuses.
La qualité de la direction artistique rend véritablement cet univers proche de ce que l’on imagine de cette époque, tantôt les forêts et le monde sont beaux, mais approchez-vous de la civilisation et vous verrez l’être humain rongé par la panique et la haine.

Si le socle est le scénario, QUID de la durée de vie ?

La durée de vie du jeu est assez faible, on tourne aux alentours d’une dizaine d’heures.. Composé de 17 chapitres ayant chacun leur utilité pour le scénario et l’évolution de la relation entre les personnages.
Bien que la durée de l’histoire soit faible, le jeu a le mérite d’avoir un scénario allant d’un point A à un point B, sans détours inutiles nuisant à l’aventure pour gonfler artificiellement la durée de vie.
Cependant le jeu ne dispose d’aucune replay value du fait que tout l’intérêt du titre ne repose que sur son histoire, vous ne gagnerez rien de plus à refaire le jeu.
Vous pourrez refaire les chapitres dans l’ordre que vous voulez afin de rechercher les différents collectibles qui n’apportent pas grand chose au joueur et gonflent la durée de vie du jeu à 12-13h environ.

En conclusion, A Plague Tale Innocence est un très bon jeu qui vous plongera aisément dans le royaume de France aux alentours des années 1330, vous vous surprendrez à craindre pour la vie des deux protagonistes et apprécierez le jeu pour son histoire qui est d’un niveau plus élevé que la plupart de ceux auxquels on nous habitue depuis une dizaine d’année.
En revanche le jeu a divers défauts comme la durée de vie qui est à mon sens trop faible pour un jeu coûtant 50 euros à sa sortie.
Une IA qui a certaines réactions tantôt logiques tantôt ridicules. Ces défauts bien qu’énervant notamment sur le ratio prix/temps de jeu, n’entachent pas le fait qu’une suite pourrait être intéressante car certains points nécessitent que l’on s’y attarde plus longtemps.
Nous avons donc là un bon jeu doté d’une ambiance très réaliste, la bande-son et la direction artistique contribuent fortement à nous plonger dans cet univers glauque à souhait rappelant un des évènements marquants de l’histoire.
A Plague Tale Innocence est disponible sur PC, PS4 et ONE et commence à être fréquemment bradé. Je le recommande à partir de moins de 25 euros de sorte que le temps de jeu n’en devienne pas un défaut trop important.

Points positifsPoints négatifs
(+) Une ambiance retranscrite avec brio(-) Une intelligence artificielle aux fraises
(+) Les rats, enfin devenus intéressants(-) Un peu plus de développement des personnages secondaires aurait été apprécié
(+) Graphiquement propre(-) Une durée de vie faible (15h max pour le premier run)
(+) Une bonne direction artistique
(+) Une très bonne OST et de bons doublages
(+) Amicia et Hugo, deux personnages attachants

Note finale : 15/20

4 commentaires »

  1. Il se trouve que je l’ai fait, il n’y a pas si longtemps et j’en tire de bons souvenirs. Effectivement, la direction artistique et le scénario sont très séduisants, et le gameplay m’a parfois un peu rappelé The Last of US. (Il faut dire que je n’ai pas une grande expérience dans les jeux impliquant un minimum de furtivité). Ravie de constater que je ne suis pas la seule à avoir pensé à certains personnages de Star Wars, en découvrant la hiérarchie de l’Inquisition, ahah.

    Aimé par 1 personne

    • Il s’agit effectivement d’un bon jeu, il a quelques défauts de narration et imprécisions sur le gameplay mais rien de très grave. Je me souviens de m’être souvent pris à jouer avec les intelligences artificielles qui sont pour le coup ratées. Mais les prouesses techniques et artistiques, le travail sur l’animation des rats est exemplaire. Si plus de jeux narratifs pouvaient avoir ce souci du détail… Le jeu a clairement un côté The Last of Us et n’essaie pas de s’en cacher. Je pense qu’à l’avenir beaucoup de gameplay de ce type vont venir garnir les jeux narratifs. Du moment que ça ne devient pas une tendance trop prononcée.
      Darth Revan est la première chose à laquelle j’ai pensé, j’attendais presque qu’il sorte son sabre laser pour engager un combat au tour par tour ^^

      Aimé par 1 personne

      • Ah pour le coup, c’est vrai qu’on tombe souvent sur des intelligences artificielles assez stupides. En général, ça ne me gêne pas, car l’infiltration n’est pas mon point fort dans les jeux vidéo, ahah. Ne me lance pas sur KOTOR car c’est l’un de mes jeux favoris. :-p

        Aimé par 1 personne

        • Je comprends tout à fait ça, j’ai beau faire beaucoup de jeux d’infiltrations, j’ai des tendances à foncer dans le tas pour voir les réactions ennemies, je suis pas très bon non plus pour la discrétion ^^ KOTOR a toutes les bonnes raisons du monde pour être aimé !

          Aimé par 1 personne

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