Développeur : DrinkBox Studios

Éditeur : DrinkBox Studios

Genre : Hack’n Slash, Donjon crawler, RPG

Plateformes : PC, SONY, XBOX, SWITCH

Ce n’est pas toujours évident de s’y retrouver dans les longues listes de jeux proposés en ligne. Chacun y va de sa petite technique, on cherche un genre en particulier et on fait défiler. On y passe des heures et des heures à chercher la petite perle qui va sans doute nous émouvoir. De mon côté, j’apprécie particulièrement de regarder les avis, les commentaires d’autres joueurs. Généralement il y en aura toujours un qui a le mot pour me faire rire ou me donner envie de jouer. Mais bon, même avec cette technique, ce n’est pas évident de trouver de nouveaux jeux.

Comment j’ai découvert Nobody saves the world ? Tout à fait au hasard. La très légère campagne marketing de sortie du jeu est tombée dans mes recommandations Youtube. Mon sourcil droit s’est élevé particulièrement haut à la vue de cette direction artistique. Et voilà que je découvre un jeu à faire en coopération, genre dont je raffole et qui ne manque jamais de faire s’élever mon sourcil gauche.

Nobody saves the World, c’est le petit dernier de l’équipe canadienne de DrinkBox Studios qui avait développé Guacamelee en 2013. Un jeu de plateformes plutôt sympa qui mettait en scène des catcheurs dans un univers mexicain. C’était barré, drôle et surtout très coloré ! Tous les ingrédients étaient réunis pour un bon jeu.

Et quel ne fut pas mon plaisir d’apprendre que le studio travaillait sur un nouveau projet. Un jeu jouable en coopération ? Où l’on incarne un Nobody capable de changer à volonté de formes ? Tout cela dans le but d’occire les nombreux ennemis présents sur sa route ? Saupoudrez votre gâteau avec une direction artistique ultra colorée et vous obtenez Nobody saves the world.

Alors ? Pudding délicieux ou à l’arsenic ?

Heureusement qu’il est déjà mort lui…

Un scénario et une progression en bonne et due forme

Dans Nobody saves the world, vous incarnez un bonhomme blanc amnésique que l’on appelle le Nobody. Très rapidement vous rejoignez le grand laboratoire de l’incommensurable Nostramagus, le plus grand magicien de tous les temps. Or celui-ci a mystérieusement disparu, vous laissant seul avec son apprenti semi-incapable : Randall. Un petit tour au cachot plus tard et vous voilà en possession de la baguette de l’archimage (mon correcteur insiste sur antichômage, allez savoir pourquoi). Celle-ci permet à son porteur de se transformer. Bien pratique pour s’adapter à toutes les situations.

Le monde dans lequel vous évoluez est rongé par La Calamité. C’est à cause d’elle que deTRÈS nombreux monstres en voudront à votre peau. Votre objectif est simple : retrouver Nostramagus, vaincre La Calamité et potentiellement rendre la baguette à son porteur.

Si Nobody saves the world ne brille pas pour son « scénario » et se contente de peu, les quelques scènes et dialogues sont assez amusantes et ont le mérite de ne pas s’attarder sur des explications compliquées et franchement inutiles pour ce style de jeu. En clair, on s’en fiche on est là pour la bagarre !

Un donjon sympa à l’ambiance Hansel et Gretel

La bonne formule ?

Au fil de votre aventure, vous aurez à disposition pas moins de 19 formes (+2 en DLC) possibles. Vous pouvez : dévorer les orteils de vos ennemis en tant que Rat. Propager un virus Zombie et vous faire une armée de morts-vivants. Tirer des roquettes à tout va depuis vos engrenages de Robot. Ressusciter vos ennemis avec le Nécromancien et j’en passe. (Mention spéciale à la Limace que j’aime particulièrement, baver sur ces ennemis, rien de tel). Toutes les formes sont vraiment différentes à jouer et c’est à vous de trouver laquelle est la plus adaptée aux situations. Notez que vous pouvez changer de forme en deux touches pour encore plus de chaos.

Plus qu’un simple élément de gameplay, ces formes constituent le cœur de Nstw, et votre progression dépend de votre maîtrise de celles-ci.
Dans Nobody saves the world, qui est pourtant un Hack’n Slash, vous n’avez pas à proprement parler une barre d’expérience qui se remplit au fil de vos massacres. Vous en avez plusieurs. Elles se remplissent en réussissant des quêtes liées à votre personnage. Par exemple, si vous jouez la tortue, vous aurez une quête « Utilisez la compétence asperger sur trois ennemis différents (à accomplir 5 fois) », mais également une autre quête « Vainquez 50 ennemis avec telle compétence ». Et c’est là que ça devient intéressant pour ceux qui aiment jouer et voir des petites jauges se remplir. Les fans de Diablo seront aux anges…

Chaque forme possède jusqu’à 4 compétences actives à attribuer plus 4 autres passives. Ces compétences sont partagées entre les différentes formes. Vous voyez où l’on veut en venir ? A mesure que vous progressez dans le jeu, vous pouvez construire des « builds » de plus en plus élaborés pour que vos personnages s’adaptent dans les donjons. Finaliser une quête individuelle contribue donc à augmenter vos statistiques générales… (Adam Smith serait si fier).

Depuis tout à l’heure je parle d’adaptation, oui mais s’adapter à quoi ? Eh bien, c’est très simple. Dans les donjons, vous rencontrerez souvent des ennemis avec un symbole au-dessus de leurs barres de vie indiquant une faiblesse élémentaire. Vous ne pouvez pas faire de dégâts à cet ennemi tant qu’il n’a pas subit une attaque du bon élément (lumière, obscurité, tranchant, contondant). Il s’agit alors de se préparer avant chaque donjon et d’avoir les bonnes capacités pour ne pas se retrouver rapidement en situation critique.

Tout est question de préparation. Et qui dit préparation dit menus, BEAUCOUP TROP DE MENUS.

C’est là le gros point noir du jeu. Lorsque vous terminez une quête, vous devrez la valider dans le menu du jeu, ce qui implique d’appuyer sur la touche « back », et donc de mettre l’action en pause. Tant que vous ne validez pas la quête, les autres ne se débloqueront pas, c’est donc une action nécessaire pour éviter de « tuer des ennemis pour rien ». Sauf que voilà, avec près de 20 personnages, ayant chacun près de 10 quêtes, on se retrouve à appuyer 200 fois sur la touche « back » pour finir le jeu. Sans compter les nombreuses quêtes secondaires qui ne concernent pas les formes. Et c’est bien dommage puisque le jeu est assez dynamique, que l’action dans les donjons est incessante. Alors se retrouver à mettre le jeu en pause pour valider des quêtes n’est franchement pas amusant et ce, même si l’on peut en valider plusieurs à la fois.

Nobody saves the world a donc un souci de menuing où le fait de devoir régulièrement accéder aux menus du jeu pour poursuivre l’aventure. A mon sens, le jeu aurait gagné en intérêt à valider automatiquement les quêtes ou permettre aux joueurs de le faire sans avoir besoin d’accéder au menu. Quand bien même j’apprécie de voir des petites jauges se remplir, c’est une mécanique vieillotte, lourde et ne favorisant pas l’ergonomie.

C’est pas faux

Une direction artistique formidable

Vous l’aurez sans doute remarquer avec les quelques images, le jeu est très beau. Nobody saves the world est un jeu très coloré, avec beaucoup de jeux de lumières et on en prend plein les mirettes. Sur ce point rien à dire, c’est très efficace.

C’est d’autant plus impressionnant que le jeu utilise un système procédural pour ses donjons. Lorsque vous pénétrez un donjon, celui-ci sera agencé dans un ordre différent de votre précédente expédition forçant le joueur à se déplacer et à trouver le bon chemin. Les donjons, bien que labyrinthiques, sont assez logiques. J’ai également apprécié le fait qu’ils ne soient pas particulièrement longs (environ 15 minutes maximum). Cela a pour grand avantage de permettre de courtes sessions de jeu.

Le bestiaire est particulièrement bien fourni pour un jeu indépendant. Même s’il y a de nombreux colors swap (coucou god of war), nous affrontons un grand nombre d’entités. Malheureusement, aucune ne se démarque particulièrement dans tout ce chaos et comme dans tout bon hack’n slash, celles-ci se font enchaîner très rapidement. Idem pour les boss qui, à l’exception du dernier, ne sont vraiment pas intéressants à combattre.

Côté musique aussi, c’est assez moyen. Mon test de référence est de savoir si j’arrive à m’en souvenir de tête et non, rien malheureusement. Ce qui n’empêche pas les musiques de bien accompagner le jeu au cours de vos sessions, je n’y ai rien trouvé de mauvais, mais rien de vraiment intéressant non plus.

Un DLC pour la forme

Petit DLC, petite review. L’extension de Nobody saves the world, intitulée Frozen Hearth, est arrivée dans nos contrée en septembre 2022 soit huit mois après la sortie officielle du jeu.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, c’est grosso modo une extension « colisée ». Vous avez plusieurs épreuves à surmonter et la réussite est récompensée par des médailles. Typiquement le genre de DLC que je n’apprécie pas particulièrement.

Pourtant, je dois admettre que pour la modique somme de 5€, cette extension est tout à fait acceptable. Les défis du colisée sont divertissants et vous serez rapidement récompensé par deux nouvelles formes : le mécano et l’abeille.

Cette extension n’est donc à prendre que si vous souhaitez faire durer votre aventure un peu plus longtemps. Le jeu principal tient en 20 heures et le DLC aux alentours de 2-3 heures si vous êtes efficaces.

En conclusion

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé Nobody saves the world. Le jeu est particulièrement amusant en coopération (ce que je recommande vivement pour en profiter) et les 25 heures passés en sa compagnie avec ma chérie furent un véritable plaisir. Que ce soit sa direction artistique ou bien son gameplay, il ne manque pas de points positifs pour lesquels on passe volontiers à la caisse. Le jeu est proposé au prix de 25€ mais commence à tomber dans les promotions, je le recommande aux alentours de 10-12€. Son seul défaut n’est finalement que la surutilisation des menus qui viennent plomber le rythme de vos bagarres effrénés. Si vous aimez les hack’n slash et fracasser des ennemis en série avec un ou une partenaire, alors foncez !

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