Développeur : Osmotic Studios

Éditeur : Fellow Traveller

Plateformes : PC

Date de sortie : 20 Octobre 2016

Big Brother is watching you

Comment parler du jeu vidéo Orwell sans faire référence à sa source directe : 1984 de Georges Orwell ? Je n’en ai pas la moindre idée.

Je ne le sais pas pour des raisons simples. Tout d’abord parce que George Orwell est à mon sens l’un des auteurs avec Aldous Huxley ayant le mieux retranscrit les travers des régimes totalitaires dont le mot d’ordre est la sécurité des habitants.
Je l’ignore aussi parce que les débats sur une surveillance généralisée au prix de nos libertés individuelles sont aujourd’hui toujours d’actualité et le cauchemar qu’Orwell dépeint dans son œuvre se rapproche de plus en plus de notre société.
Mais surtout je ne le sais pas parce que le jeu Orwell est directement tiré de 1984 mais adapté à notre société et nos modes de consommation actuels.

Nous n’entrerons ici pas dans ce débat, ce test restera purement objectif et garantie sans spoil majeur.

Un lieu calme jusqu’à…

Entrons dans le pays qui se nomme « La Nation »

Vous voilà employé chez Orwell, la société qui gère la surveillance de masse des populations de la nation et de sa capitale « Boton ».
A peine arrivé, un attentat à la bombe tue des habitants de Boton près de la place de la liberté et les caméras de sécurité ont repéré un individu suspect et c’est à vous qu’incombe la tâche de l’identifier et de savoir si oui ou non il s’agit du terroriste.

Pour cela rien de plus simple, vous allez devoir fouiller dans les moindres recoins de la vie de votre cible en passant par absolument toutes les données qu’elle laisse trainer sur les réseaux.
Compte en banque, profil sur les réseaux, vidéos mises en ligne, commentaires, participation à des débats publics, déplacement, mail et bien sûr contact et appels téléphoniques.
Vous aurez accès à toute sa vie privée et votre travail sera de compiler toutes les informations judicieuses pour déterminer les faits et geste de votre cible en sachant que vous pouvez vous tromper sur son compte si votre travail est mal fait.

Big Brother n’est plus seulement un mauvais rêve

Pour accomplir cela vous serez aidé de Symes (référence évidente à l’un des personnages de 1984), une sorte de manager qui vous expliquera comment faire le tri dans toutes ces informations mais qui vous accompagnera également tout au long de votre enquête.
Enquête qui sera répartie en 5 grands chapitres d’une durée moyenne d’une heure par chapitre.
Par conséquent il ne vous faudra pas plus de 5-6h pour venir à bout d’Orwell lors de votre première partie.

Faire un travail de bureaucrate ? Vraiment ? C’est ça le Gameplay ?

Si on le résume assez grossièrement… Oui. Sauf que nous sommes ici dans un jeu et j’ai pris un grand plaisir à compiler ces données pour découvrir qui parmi les citoyens se cachait derrière tout ça.
Le gameplay consistera donc à lire, BEAUCOUP LIRE sur la vie des gens et en extraire les données utiles à l’enquête. Pour accomplir cela vous avez accès à deux écrans.

Cette disposition de l’écran, vous allez la voir très souvent

L’image ci-dessus me sert d’exemple :

Sur la partie de Droite, vous avez accès à toutes les informations possibles.
Les articles de journaux, les données que la personne a laissé sur Internet, son dossier médical, les différents appels téléphoniques qu’elle a reçus etc..
Parmi ces informations apparaîtront des zones de texte surlignées qu’il vous faudra lire attentivement. Vous aurez à choisir entre mettre ces données dans le dossier de l’individu ou bien les désactiver pour ne pas les prendre en compte dans le traitement de son dossier pour Orwell.

Tout cela en sachant que certaines données sont obligatoires pour faire avancer l’histoire du jeu. Le point intéressant est le suivant : en fonction de ce que vous avez choisi de mettre à charge contre la cible, celle-ci se verra peut être inculpée pour des crimes qu’elle n’a pas commis mais elle peut être accusé à cause de ce qu’elle a laissé sur les réseaux suggère qu’elle est une criminelle. Ici, une simple blague de mauvais goût peut être considérée par le système Orwell comme un aveu. J’ai dit crime pour la pensée ?

Ainsi votre rôle sera de démêler le vrai du faux en faisant passer les informations essentielles de la droite vers la gauche. Rien de palpitant sur le principe, mais cela éveille une curiosité en vous, un aspect voyeur, le potentiel du pouvoir de Big Brother.

Le système sybille vous remercie

Je travaille pas sans musique moi !

Du côté de la bande-son c’est un peu faible, il ne doit pas y avoir plus de 5 musiques mais elles aident particulièrement à se concentrer sur ce qui se passe à l’écran.
Rien de fantastique mais rien de désagréable non plus, bienvenu au bureau.

Pour ce qui est de l’aspect graphique, le travail est simple mais efficace, on se sent vraiment devant un écran d’ordinateur à trier les différentes données.
On devient le détective qui enquête sur toutes les cibles possibles à l’aide de cette interface simple mais très claire. J’aurais aimé que tous les logiciels soient aussi simples.

En conclusion : un jeu à vaporiser ?

Pas le moins du monde ! Orwell est une très bonne simulation de ce que pourrait être un projet de surveillance des populations et il convient de dire qu’il traite assez bien son sujet.
Un article sous forme d’essai verra peut-être le jour pour décrire et débattre des éléments que ce jeu nous met à disposition vis-à-vis des questions sur l’abolition de nos libertés individuelles.
Je conseille Orwell à ceux qui souhaitent expérimenter d’autres choses dans le domaine du jeu vidéo, nous avons là un OVNI de qualité.
Si le gameplay peut être assez rebutant de prime abord, sachez qu’avec de courtes sessions vous en viendrez vite à bout.

Le jeu ayant un scénario et un monde crédible avec une assez bonne immersion, je ne peux que recommander Orwell et je compte bien essayer la suite Orwell : Ignorance is strength.

Points positifsPoints négatifs
(+) Un monde crédible(-) On peut vite se perdre dans les documents vers la fin du jeu
(+) Une bonne immersion dans la peau d’un détective(-) Le « travail de bureau » peut être légèrement lassant
(+) 1984 : toujours une bonne inspiration
(+) Le scénario est de qualité
(+) Le prix (9.99€) et fréquemment en réduction

Note finale : 16/20

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