Développeur : BandaiNamco Studios

Éditeur : BandaiNamco

Genre : A-RPG, Exigeant, Exploration, Aventure, Anime

Plateformes : PC, PS4, XONE

Code Vein est un jeu qui m’a pour le moins perturbé sur de nombreux aspects. Il donne l’impression d’avoir de grandes idées et de vouloir réellement plaire aux joueurs mais tout ce qu’il fait, il le fait sans grandes convictions. Ce qui m’a réellement poussé à le faire à 100% demeure aujourd’hui encore un grand mystère pour moi.

Plusieurs interrogations me sont parvenues : C’est parce que j’aime les anime ? Parce que j’aime les souls like ? Parce que le scenario est intriguant ? Les graphismes ou la musique peut-être ?

Il n’y a pour ainsi dire pas de réponses précise à ces questions car chacune est critiquable. Mais si je devais y répondre, je dirais que c’est un peu de tout en même temps.

Les anime comme vecteurs d’intérêt ?

Commençons par le commencement, Code Vein est un jeu d’action-aventure sorti en 2019 sur PC, PS4 et XONE et a tout de suite attiré le regard par sa patte graphique dans un style animation japonaise. Il n’en fallait pas plus pour réveiller les hordes de fan en manque de bons jeux tirés d’anime et les ventes ont été de 1 million en à peine 6 mois après la sortie du jeu, ce qui, pour une nouvelle licence est un bon chiffre.

Et de fait, cette direction artistique, reprenant le style d’un certain God Eater 3, est une des qualités indéniables de Code Vein et l’on se sent véritablement dans un anime, cela sans évoquer le système de création / personnalisation du personnage très poussé pour permettre aux joueurs d’imaginer le revenant de leurs rêves. J’ai personnellement passé beaucoup de temps dans cet éditeur pour voir jusqu’où je pouvais modeler mon personnage.

Ça n’a bien sûr aucun impact sur le reste de l’histoire puisque peu importe le physique que vous avez, vous êtes traité de la même façon, et chose habituelle, vous êtes muet.

Puisque nous sommes sur l’aspect direction artistique. Il me faut également souligner que le jeu possède quelques zones vraiment agréables au regard bien qu’il souffre d’un retard technique assez flagrant par moments.

Sans être ici pour volontairement tailler le jeu, ces quelques moments où la DA fonctionne sont vraiment agréables et font presque oublier certaines zones franchement moins inspirées.
On se retrouve fréquemment dans des lieux labyrinthiques couloirs avec un pattern artistique similaire, c’est pas vraiment ce qu’il y a de mieux pour l’exploration et on se surprend souvent à vouloir rush ces moments du jeu pour arriver de nouveau à un bel environnement.
A cela s’ajoute que certaines zones vont provoquer une panique de vos FPS et se battre dynamiquement dans ces conditions n’est vraiment pas… terrible.

Mention spéciale à la cathédrale du sang sacré (image 2) qui, rappelle fortement Anor Londo mais en version « putain de merde je dois aller où » qui amène les joueurs à faire du multi juste pour retrouver leur chemin ^^

Pour parler brièvement des musiques, c’est simple, vous lancez le jeu, le menu principal s’ouvre sur un chœur très marqué qui ravira vos oreilles. Si la plupart des OST du jeu sont oubliables, certaines sont au contraire excellentes et je les écoute encore fréquemment. Les thèmes sont puissants et évoquent une mélancolie tragique qui va à ravir à ce jeu et les différents sujets racontés.

Si l’on parle uniquement de cet aspect anime dans les qualités artistiques du jeu, c’est aussi dans son histoire qu’il se reflète. Vous aurez littéralement le sentiment d’être dans un anime pour le meilleur et pour le pire.

Le Scénario

Vous êtes un revenant, c’est-à-dire un mort au cours de la guerre contre le fléau de l’humanité communément appelé la reine. Vous êtes revenu à la vie grâce à l’insertion d’un parasite dans votre corps (me demandez pas les détails), et ce parasite vous fera revivre autant de fois qu’il le faut sauf si votre cœur est endommagé.

Les revenants ont besoin de perles de sang pour pouvoir subvenir à leurs besoins mais surtout pour ne pas céder à la frénésie. Celle-ci, si vous y succombez, vous transforme en Déchu (un gros monstre). Alors la quête des revenants est de trouver ces fameuses perles qui se font de plus en plus rares. Vous rejoindrez très vite un groupe dont l’objectif est de percer le mystère des perles de sang mais aussi de la barrière qui entoure votre monde et vous empêche d’y échapper.

Jusqu’ici rien de trop compliqué (typique) mais le scénario amène, je dois dire, quelques bonnes surprises et j’ai apprécié le suivre. Ce n’est pas juste un scénario basique pour vous faire progresser mais bel et bien un vrai cheminement qui vous mène d’un point A à un point B de manière logique.

Maintenant, ce scénario n’est agréable que si vous aimez le style des anime, avec des personnages hauts en couleurs et qui crient beaucoup. Le pouvoir de l’amitié à également une grande place dans ce jeu même si pour les combats vous allez vous sentir très seuls par moments.
Animation japonaise oblige, les caractéristiques physiques des personnages et boss sont toutes assez particulières mais ont le mérite d’être totalement assumées au cours du jeu. Ils n’y sont pas allés dans la demi-mesure même si j’aurai apprécié un aspect plus « dark fantasy ».

La progression dans l’aventure se passera de cette façon : vous avancez dans une zone, récupérez des objets, combattez des ennemis jusqu’à atteindre un boss. Une fois le boss vaincu vous aurez accès à sa « mémoire » et donc à ses souvenirs.

Ces « moments mémoires » apportent un aspect narratif nouveau et permettent de développer le lore sans trop partir dans d’interminables cinématiques. Mais je trouve qu’il y en a un peu trop, au point que l’intérêt que nous éprouvons pour le scénario diminue au fil des mémoires et elles ne sont pas toutes excellentes à regarder.

Typiquement, voici l’extrait d’une très bonne mémoire qui développe un boss, une ordure appelée Mido Jûzo : un scientifique fou qui veut faire progresser l’humanité (ressemble d’ailleurs à Bondrewd du Manga Made in Abyss ). Cette mémoire est intéressante par sa musique, la manière dont elle est tournée mais aussi elle fait ce qu’aucune ne fait auparavant : elle donne envie de combattre le boss.

Je dis ça parce que la plupart des boss, bien qu’intéressants à combattre, sont souvent des monstres dont on ne sait rien avant (à l’exception des héritiers mais je ne divulgâche rien) et les vaincre n’amène de la satisfaction qu’après. Et pour un jeu se voulant scénarisé, je pense que comprendre le boss avant de le tuer est plus intéressant que l’inverse.

Cette mémoire est assez particulière et très cinématographiée. D’une manière générale, celles que vous traverserez consistent en un chemin sur lequel marcher avec différents « stops » où une partie de l’histoire est racontée et ce jusqu’à la grande porte. Sur le papier c’est une bonne idée, mais ça ajoute de la lourdeur à un gameplay qui n’en a vraiment pas besoin. Ayant fait le jeu à 100% à un moment je n’écoutais plus trop les histoires à cause de cette « obligation de mouvement » dans une cinématique.

Le Gameplay

S’agissant du point clé de cet article, on va passer un petit moment sur le gameplay. C’est principalement du fait de cet élément que le jeu subit une comparaison directe avec Dark souls. Les inspirations y sont évidentes après tout.
Le gameplay est exigeant dans le sens où n’importe quel ennemi peut potentiellement vous tuer voire vous one-shot. De ce fait, vous allez devoir faire très attention à vos mouvements, à la gestion de votre barre d’endurance et bien sûr, de vos fioles de soins.

Ce sont ces différents éléments, en plus de la manière d’explorer les zones qui établissent le lien direct avec le souls-like. Et cette comparaison est tout à fait justifiée.

Je mets un petit extrait de Gameplay pour donner une idée :

Une petite revanche sur une IA stupide

Sur ces deux extraits, on peut s’apercevoir que le style du jeu est assez dynamique et que je prends super cher. On observe aussi que je lance des attaques de feu avec la jauge sur le côté à droite qui se nomme « jauge d’ichor ».

C’est le petit détail de Code Vein qui va faire toute la différence avec les autres jeux du même style. Vous avez la possibilités d’hériter de dons sanguins. Basiquement ce sont des attaques magiques qui vous permettent de faire des dégâts ou d’appliquer des buffs à vos armes ou à vous-même. Lorsque vous consommez par exemple 5 d’ichor pour enflammer votre arme, il vous faudra mettre entre 3 et 5 coups à un ennemi pour récupérer l’ichor dépensée.

Sur le papier ça paraît être un élément simple et qu’on retrouve dans n’importe quel jeu, mais c’est lorsque l’on s’intéresse au système de Codes sanguins que le jeu prend une dimension intéressante.

Lors des phases d’exploration ou avec les quêtes secondaires, vous allez récupérer des codes sanguins, dans un code il y a environ 5 sorts liés et il existe plus d’une vingtaine de codes. Vous ne pouvez équipez qu’un seul code à la fois et certains sorts concernent tous les codes. Mais pas tous. Ce qui veut dire que votre build ne dépendra pas que de vos équipements styles armes / armures mais surtout du code sanguin et des sorts équipés. Et le jeu se jouera très différemment en fonction du code que vous choisissez.

J’ai pour ma part opté sur de la mobilité / esquive / dégâts mais petit à petit je me suis rabattu sur des dégâts purs. Par moments j’ai choisi d’être tank.
Bref, avec ce système, Code Vein vous permet constamment de remettre votre build en question et de le changer sans avoir à modifier vos niveaux, juste en regardant vos codes et en sélectionnant le plus adapté pour telle ou telle zone / boss.

Alors, bien sûr ce système n’est pas parfait. Il conduit à ce que l’augmentation de vos niveaux ne change pas grand chose au fond et il vaudra mieux placer ses nuées (argent) dans l’amélioration de vos équipements / dons sanguins.

La dimension RPG m’a un peu fait penser à cette blague sur Skyrim où vous êtes le plus grand guerrier à l’épée à une main de Bordeciel mais aussi l’archimage de la tour et aussi l’archer le plus adroit et forgeron de grande renommée. Il y a ici ce côté : change de manteau, t’es le nouvel expert.

Également, au début du jeu, malgré un long tutoriel, je n’avais pas bien compris ce système de dons et j’ai préféré jouer comme je savais le faire et ça ne m’a pas posé trop de difficultés jusqu’à atteindre un certain boss.

La difficulté du jeu

Je me suis fait défoncé

Pour évoquer la difficulté du jeu, il me fallait expliquer son gameplay. Vous avez les bases, on maîtrise ce genre de jeu et honnêtement vous allez la plupart du temps rouler sur Code Vein en faisant attention.

Mais il y a ces quelques moments, que ce soit lors des phases d’exploration ou contre certains boss (coucou le portelame et le canonnier) où le jeu devient difficile mais pas dans le bon sens. D’une manière générale, on s’accorde à dire qu’il est exigeant, mais ces combats amènent une forme d’injustice tant il y a d’ennemis à combattre en même temps ou de patterns à esquiver.

Seul problème vraiment perturbant, la caméra a quelques tendances à mal se recentrer sur vous dans les zones exigues et provoquera une hystérie générale à force de se faire taper sans savoir d’où vient le coup et donc quand l’esquiver. ^^

Littéralement, pour faire le parallèle, c’est l’élément qui a été le plus reproché à Dark Souls II, trop de mobs en même temps devient vite désagréable plutôt que difficile et cette limite, pas simple à évaluer fera sûrement l’objet d’un autre article. Alors ne nous éparpillons pas ici.

En clair, Code Vein est difficile, exigeant et parfois injuste. C’est d’ailleurs probablement à cause de ce dernier facteur que vous avez la possibilité d’avoir en permanence une IA alliée pour vous soutenir. Si elle n’est pas très futée, cet intelligence artificielle à la capacité de vous relever contre la moité de ses PV (et vous pouvez en faire de même si elle tombe). Ce simple ajout va considérablement faciliter le jeu et j’avoue en avoir bien profité sur certains passages. L’IA va détourner l’attention d’un ou plusieurs ennemis, et vous réanime en cas de pépin. J’ai aussi eu l’impression qu’elle prenait moins de dégâts que vous.

Je pense que l’objectif de cet élément est de rendre le jeu accessible pour tous. Sans vouloir relancer le débat sur la difficulté qui est revenu avec Retunal ou bien Sekiro. Cette option de l’IA alliée me paraît être un bon compromis pour ceux qui ne veulent pas trop galérer.

Attention je modère ici mes propos, l’IA ne vient pas vous offrir un mode de jeu facile, elle facilite un jeu qui par moments, a une difficulté très mal dosée. C’est plus un moyen de palier un défaut de conception qui rend alors le jeu plus accessible.

Par ailleurs, ce ratage de l’équilibrage va me permettre d’embrayer sur le dernier point de ma critique…

Le Contenu + DLC

Code Vein était vendu à sa sortie pour 70€ et a un season pass pour 25€. On pose ça là. Personnellement, je me le suis procuré via le Xbox Game Pass et j’ai payé les extensions pour un totale de 12,50€.

J’ai mis un peu plus de 60 heures pour terminer l’ensemble du jeu (première partie + DLC) en explorant à fond les zones. Plus haut je parle d’un 100% c’est de ça dont je parle. Il me reste encore quelques trophées à débloquer qui nécessiterait des parties supplémentaires.

Si l’on regarde du point de vue du contenu, 60H c’est tout à fait honnête et je suis habitué de ce style de jeu, ma progression était donc relativement rapide sans pour autant vouloir rush.
Je ne conseille en revanche pas du tout de payer le jeu au prix fort mais plutôt aux alentours de 25-30 € avec le season pass inclus au jour d’aujourd’hui.

Vous avez donc une campagne principale assez longue, des zones supplémentaires à explorer où vous combattez d’anciens boss en version plus difficile et également un new game plus qui offre une bonne re jouabilité au titre. Il y a également 4 fins différentes à explorer. Le season pass propose 3 nouvelles zones ainsi que 3 vrais nouveaux Boss à affronter. Et là, c’est le drame…

Code Vein a un très bon potentiel sur sa construction, le jeu avait tous les éléments en lui pour que nous ayons droit à de très bons DLC (proposés à l’unité pour 10€ chacun). Mais non, sans savoir pourquoi, les DLC ont été fait à l’arrache par une équipe probablement bien réduite.

Quand on propose un service payant pour poursuivre un jeu, les joueurs sont en droit de s’attendre à un produit de qualité qui donne réellement envie de poursuivre l’aventure et pourquoi pas, de relancer une partie.

Le premier DLC « chevalier du Brasier » est le « meilleur » des trois. La progression est simple à résumer : vous êtes dans un gouffre, vous tuez une dizaine d’ennemis –> Boss (qui est juste un mob classique déjà vu dans le jeu de base mais plus gros) qui donne une clé –> Vous recommencez sur la zone parallèle –> nouvelle clé, vous ouvrez la porte au milieu –> Un vrai nouveau Boss à affronter, vous gagnez –> Fin.

Voilà, maintenant vous reprenez cette formule magique, vous l’appliquez au deux DLC qui suivront en ajoutant que les nouveaux Boss (à l’exception du Chevalier du Brasier) sont soit inintéressants à combattre soit le combat en lui-même est illisible, comme s’ils avaient été fait dans le rush. Je laisse en annexe une courte vidéo par boss de ces DLC pour illustrer mes propos.

En conclusion de ce test

Bien que j’ai beaucoup critiqué le jeu, je l’ai également adoré. Paradoxalement, les divers aspects négatifs sont passés sous silence lors de mes sessions de jeu et j’ai pris un réel plaisir à parcourir l’univers de Code Vein. C’est pour moi un jeu qui a le mérite de proposer quelque chose de nouveau. Il s’inspire évidemment de ce qui fonctionne mais s’en éloigne suffisamment à mon sens par sa DA, son scénario mais aussi son système de Dons pour ne pas avoir à souffrir de la comparaison avec les Souls ou même un The Surge. La dénomination « c’est un souls anime », bien qu’utile pour faire comprendre de quel jeu on parle, me paraît être de trop pour désigner ce jeu.
Code Vein a une âme, et on sent que des efforts ont été mis dedans pour avoir une bonne nouvelle licence. Je regrette simplement que le jeu n’aille pas au bout de ses idées ou que certains passages relèvent d’un manque total d’inspiration ou bien même d’investissement. Le retard technique du jeu est également à pointer du doigt et son équilibrage est très fragile. C’est un peu comme si, toutes les idées pour avoir une bonne proposition sont là, les ingrédients réunis, mais qu’au moment de faire les touches finales « bah non on a la flemme ».
C’est un peu ce sentiment de non aboutissement qui m’a poussé à continuer à le faire, voir ses retranchements jusque dans la fin et je pense que le jeu se suffit entièrement à lui-même, les DLC sont inutiles (sauf le premier à la limite).

C’est dans sa proposition de jeu sauce anime exigeant que Code Vein a réussit tant bien que mal à se faire une place dans un paysage vidéo-ludique déjà bien marqué par les nouveaux systèmes de combats / explorations. Néanmoins, j’aimerai bien voir venir une suite à ce jeu, peaufinée cette fois-ci pour qu’il se démarque encore plus et que réellement une nouvelle idée en émerge.

Points positifsPoints négatifs
(+) Un système de combat efficace et dynamique(-) Les personnages restent très clichés
(+) Des boss intéressants(-) Certaines séquences « mémoires » vraiment pas passionnantes
(+) Graphiquement agréable(-) C’est la crise des FPS par moments
(+) De superbes OST(-) Des DLC d’une grande pauvreté
(+) Un scénario lisible(-) Caméra parfois aux fraises

Petit Bonus :

Combat contre le Hellfire Knight qui m’explose :

Une OST que j’apprécie particulièrement :

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